Article vedette – Les aidants naturels – Concilier responsabilités professionnelles et personnelles

Roman Habtu et Andrija Popovic
Ressources humaines et Développement social

Roman Habtu est analyste principal de la politique et Andrija Popovic, analyste du Groupe de recherche sur les politiques sociale à Ressources humaines et Développement social1.

 

Introduction

Historiquement, c’est la famille, et plus tard avec l’aide des établissements de soins, qui s’est occupée de ses aînés. Il se pourrait bien toutefois que, compte tenu des tendances démographiques et sociales, cette tâche se fasse plus difficile. Aujourd’hui, les familles canadiennes sont plus petites et les femmes, qui traditionnellement dispensent les soins, ont pour la plupart un emploi rémunéré2. En même temps, le vieillissement de la population et l’accroissement de l’espérance de vie donnent à penser que les personnes âgées ayant une incapacité vont représenter un segment de plus en plus grand de la population3. La charge imposée aux aidants naturels pourrait donc s’intensifier à un moment de leur vie où ils sont moins en mesure d’apporter une aide. À cela s’ajoute le recul des soins en établissement par rapport aux soins assurés par la famille (Ward-Griffin et Marshall, 2003; Wiles, 2003)4. Tous ces facteurs laissent supposer que les familles ont de plus en plus d’obligations en matière de prestation de soins et, par conséquent, que certains Canadiens ont du mal à trouver un équilibre entre ces obligations et leurs responsabilités professionnelles, d’où la priorité accordée aux familles et aux aidants naturels dans le discours du Trône de 2004, dans lequel le gouvernement « reconnaît le rôle essentiel des Canadiens et des Canadiennes qui s’occupent de parents âgés ou invalides ou de personnes lourdement handicapées ».

L’Enquête sociale générale (ESG) de 2002 de Statistique Canada nous fournit les données les plus récentes au sujet des aidants de 45 ans et plus. D’après cette enquête, plus de 40 % des soins prodigués aux aînés l’ont été par des aidants naturels de 45 ans et plus5. Si on trouve des aidants dans tous les groupes d’âge, les études menées au Canada et à l’étranger nous révèlent qu’il s’agit ici du groupe d’âge le plus susceptible de fournir des soins aux personnes âgées. Ainsi, une étude menée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) nous apprend que les obligations en matière d’aide informelle reviennent surtout à la population de 40 ans et plus (Hoskins, 1996). L’ESG de 1996 a également démontré qu’une légère majorité des personnes qui s’occupaient d’aînés au Canada étaient âgées d’au moins 45 ans, la moyenne étant de 46 ans chez les femmes et de 44 ans chez les hommes (Keating et al., 1999).

Nous utilisons les données de l’ESG de 2002 pour examiner diverses questions liées à la situation des travailleurs canadiens qui doivent prodiguer des soins à des personnes âgées. Dans la première partie de l’article, nous étudions les caractéristiques des aidants naturels qui ont un emploi rémunéré, puis abordons les conséquences de cette aide sur leur emploi, leur situation financière et leurs activités sociales. Dans la partie suivante, nous nous attardons aux mesures dont les aidants ont dit avoir besoin pour mieux concilier toutes leurs autres responsabilités et les soins fournis à une personne âgée, avant de nous pencher sur le cas particulier des aidants qui travaillent et ont des enfants de moins de 18 ans à la maison (c.-à-d. la génération « sandwich »). Enfin, nous terminons par les principaux résultats de la recherche et les questions stratégiques qu’ils soulèvent.

Caractéristiques des aidants naturels

Plus de 1,7 million de Canadiens de 45 à 64 ans, soit plus de un sur cinq, prodiguaient des soins non professionnels à des personnes âgées ayant un problème de santé de longue durée ou une limitation d’activité. Sur ce nombre, 1,2 million avaient un emploi rémunéré. Ils étaient, en majorité, dans leurs années d’activité les plus intenses (45 à 54 ans), mariés et résidents d’une région urbaine. Un sur cinq avait au moins un enfant de moins de 18 ans vivant à la maison (tableau 1).

 

TABLEAU 1
Caractéristiques des aidants naturels

  Avec emploi rémunéréSans emploi

* La somme ne correspond pas toujours à 100 en raison des cas de non-réponse. s.o. = sans objet

Tous les aidants naturels (En milliers) (En milliers)
1 213 507
  Pourcentage*Pourcentage*
Âge
45 à 54 ans 70,5 36,7
55 à 64 ans 29,5 63,3
Total 100 100
Sexe
Hommes 54,3 38,0
Femmes 45,7 62,1
Total 100 100
Situation de famille
Marié 78,4 77,0
Célibataire 21,3 23,1
Total 100 100
Niveau de scolarité
Diplôme universitaire 26,3 21,5
Études postsecondaires 45,4 39,8
Dipl. d'études second. ou moins 28,2 38,1
Total 100 100
Région
Urbaine 75,4 74,5
Rurale 24,6 25,5
Total 100 100
Présence d'enfants
Plus jeune enfant moins de 18 ans 25,2 13,8
Sans enfant de moins de 18 ans 74,8 86,4
Total 100 100
Emploi
Temps plein 90,7 s.o.
Temps partiel 9,3 s.o.
Total 100 s.o.
Revenu du ménage
Moins de 40 000$ 14,1 36,6
40 000$ à 60 000$ 19,6 20,9
60 000$ à 80 000$ 17,3 9,5
80 000$ et plus 36,7 14,2
Non disponible 12,4 18,8
Total 100 100

Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale de 2002.

 

Les aidants n’ayant pas d’emploi rémunéré sont en général plus âgés, plus de trois sur cinq approchant l’âge « habituel » de la retraite (55 à 64 ans). Si la plupart d’entre eux étaient mariés, un nombre proportionnellement moins élevé avaient un enfant de moins de 18 ans vivant à la maison, ce qui laisse supposer que ce sont surtout des personnes ayant un emploi rémunéré qui doivent s’occuper en même temps de personnes âgées et d’enfants.

Les hommes (23,5 %) et les femmes (23,9 %) sont presque aussi nombreux les uns que les autres à s’occuper de personnes âgées. Si les hommes représentaient un peu plus de la moitié des aidants ayant un emploi (54,3 %), le groupe d’aidants sans emploi rémunéré était par contre constitué majoritairement de femmes (62,1 %), ce qui suggère que pour certains ménages de ce groupe d’âge, l’homme demeure le soutien de famille. La plupart des aidants naturels sans emploi rémunéré étaient mariés; ils n’avaient peut-être donc pas à travailler à l’extérieur. Cette question doit toutefois être approfondie.

Le revenu du ménage des aidants naturels ayant un emploi rémunéré est relativement élevé

Chez les aidants naturels ayant un travail rémunéré, un sur sept a un revenu familial inférieur à 40 000 $, alors que dans plus du tiers des cas, ce revenu est d’au moins 80 000 $ par année. En revanche, plus du tiers des aidants sans emploi rémunéré ont un revenu familial de moins de 40 000 $ par année et un sur sept seulement d’au moins 80 000 $. Cet écart important entre les deux groupes peut être attribuable aux différences relatives à leur situation sur le marché du travail. D’autres facteurs tels que le nombre d’heures de travail des aidants naturels ayant un emploi rémunéré, leur niveau de scolarité et l’activité de leur conjoint sur le marché du travail semblent également contribuer à ces différences.

D’abord, une grande majorité des hommes et femmes ayant un emploi rémunéré qui s’occupent d’une personne âgée ont un emploi à temps plein. Ensuite, un nombre proportionnellement plus élevé de ceux qui ont un emploi rémunéré ont au moins un certain nombre d’années d’études postsecondaires (71,7 %), quoique la proportion des personnes sans emploi rémunéré possédant le même niveau de scolarité est également assez élevée (61,3 %). Enfin, bien que la majorité des aidants (avec ou sans emploi rémunéré) soient mariés, ceux ayant un emploi rémunéré provenaient d’une famille où les deux conjoints travaillent. Près de sept hommes sur dix (68,3 %) ayant un travail rémunéré indiquent que leur conjointe a également un travail rémunéré, tandis qu’une proportion encore plus élevée (82,2 %) des femmes ayant un emploi indiquent que leur conjoint travaille (tableau 2). La majorité des conjoints travaillent également à temps plein et une forte proportion d’entre eux ont au moins un certain nombre d’années d’études postsecondaires (données non présentées). Ensemble, ces facteurs pourraient contribuer à expliquer le revenu familial relativement élevé des aidants ayant un emploi dans les familles à deux revenus. Il importe toutefois de souligner que si le revenu familial est un indicateur important du bienêtre, l’effet de facteurs tels que la taille de la famille et la région de résidence est également important et devra être approfondi.

 

Tableau 2
Aidants ayant un emploi rémunéré et activité du conjoint

Activité du conjointHommesFemmes
 (En milliers)Pourcentage(En milliers)Pourcentage
Emploi rémunéré 373 68,3 333 82,2
Sans emploi rémunéré 173 31,7 72 17,8
Total 546 100 405 100

Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale de 2002

 

Qui prodigue le plus de soins informels?

Comme nous l’avons mentionné, la majorité des hommes et des femmes qui s’occupent de personnes âgées travaillent à temps plein; il est donc possible qu’il leur soit difficile de concilier travail et prestation de soins. Chez ce groupe, les femmes consacrent un plus grand nombre d’heures à la prestation de soins que les hommes. Si les femmes fournissent en moyenne 26 heures de soins par mois, les hommes n’y consacrent que 15 heures seulement, ce qui est probablement attribuable au fait que les hommes et les femmes n’apportent pas le même genre d’aide6. Il semblerait que les femmes consacrent un plus grand nombre d’heures à la prestation de soins personnels et à d’autres activités à l’intérieur de la maison, comme la préparation des repas et les tâches ménagères, soit les tâches qui doivent en général être accomplies de façon régulière (18 heures à des activités à l’intérieur de la maison comparativement à 5,3 chez les hommes). Les hommes sont plus susceptibles de contribuer à des activités à l’extérieur de la maison, comme l’entretien de la maison ou de la cour et le transport, qui sont peutêtre moins fréquentes (graphique 1).

 

Graphique 1
Temps moyen consacré à diverses tâches

Temps moyen consacré à diverses tâches

Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale de 2002.

 

Conséquences de la prestation de soins sur l’emploi et la situation financière

S’occuper des autres est une responsabilité qui fait partie intégrante de notre tissu social; les Canadiens en retirent en général une grande satisfaction. Selon l’Enquête sociale générale de 2002, la grande majorité des hommes et des femmes considèrent qu’en prodiguant des soins à des personnes âgées, ils rendent un peu de ce qu’ils ont reçu (Cranswick, 2003). Comme un nombre proportionnellement plus élevé de Canadiens travaillent un plus grand nombre d’heures que par le passé, concilier prestation de soins et travail devient de plus en plus complexe pour les aidants qui ont un emploi rémunéré7.

La nécessité de concilier ces obligations se répercute sur les heures de travail et le revenu. Qui plus est, près de deux aidants sur cinq ayant un emploi rémunéré indiquent avoir dû assumer des dépenses supplémentaires en rapport avec la prestation de soins (tableau 3). Plus d’un aidant sur cinq a modifié son horaire de travail pour pouvoir s’acquitter de ses responsabilités à l’égard de la prestation de soins et plus d’un sur six a diminué ses heures de travail.

Bien qu’il y ait autant d’hommes que de femmes qui prodiguent des soins, ce sont les femmes qui apportent le plus de changements à leur emploi du temps. Elles sont plus susceptibles que les hommes de modifier leur horaire de travail (27,0 % par rapport à 14,9 %) et de diminuer leur nombre d’heures de travail (20,2 % par rapport à 12,8 %). Elles sont en outre plus nombreuses à signaler une diminution de leur revenu (10,6 % par rapport à 7,4 %); peut-être est-ce en raison du nombre d’heures plus élevé qu’elles consacrent à la prestation de soins. Ces constatations concordent avec les résultats d’une étude qui révèle que les femmes qui dispensent des supplémentaires, de l’emploi à court terme et de la carrière à long terme (Gottlieb et al., 1994). Il est possible que les changements apportés découlent aussi des autres pressions auxquelles font face les femmes sur le plan des soins aux enfants (voir la génération « sandwich »).

 

Tableau 3
Conséquences de la prestation de soins

  Tous les aidants ayant un emploi rémunéré (en milliers)
TousHommesFemmes45 à 54 ans55 à 64 ans

*La taille de l’échantillon étant petite, à utiliser avec prudence.
La somme des pourcentages peut ne pas correspondre à 100 en raison de la possibilité de multiples réponses.

  1 213 658 555 855 358
  Conséquences sur l'emploi et la situation financière (pourcentage)
TousHommesFemmes45 à 54 ans55 à 64 ans
Dépenses supplémentaires 37,9 35,3 41,1 38,6 36,0
Diminution du nombre d'heures de travail 16,2 12,8 20,2 17,3 13,7
Changement de l'horaire de travail 20,4 14,9 27,0 21,3 18,7
Diminution du revenu 8,9 7,4 10,6 9,2 *8,1
 Conséquences sur les activités sociales et la personne (pourcentage)
TousHommesFemmes45 à 54 ans55 à 64 ans
Activités sociales 30,2 27,8 33,0 35,1 31,0
Projets de vacances modifiés 23,7 19,9 28,3 24,2 22,3
Effet sur le sommeil 13,8 10,2 18,2 15,8 *9,2
Effet sur la santé 11,7 6,1 18,4 12,9 *9,2

Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale de 2002.

 

Conséquences de la prestation de soins sur les plans social et personnel

La prestation de soins ne se répercute pas simplement sur la situation financière et le travail, elle peut également avoir un effet négatif sur les activités sociales et le bienêtre des aidants. Ainsi, plus de trois aidants sur dix ayant un emploi indiquent avoir dû apporter des changements à leurs activités sociales pour pouvoir prodiguer des soins. Près d’un sur quatre a changé des projets de vacances et au moins un sur dix signale des effets sur son sommeil et sa santé. Ces résultats nous montrent qu’une proportion considérable de travailleurs canadiens ont de la difficulté à trouver un équilibre entre les exigences de leur vie personnelle et les obligations découlant de la prestation de soins aux personnes âgées.

Proportionnellement, plus de femmes rapportent des conséquences personnelles et sur les activités sociales. Ces dernières sont plus susceptibles d’avoir modifié leurs activités sociales (33,0 % comparativement à 27,8 % chez les hommes), de même que leurs projets de vacances (28,3 % comparativement à 19,9 %). Côté santé, près d’une femme sur cinq ayant un emploi indique que la prestation de soins a des répercussions sur son sommeil et sa santé. Chez les hommes, ces pourcentages sont moins élevés, soit 10,2 % pour le sommeil et 6,1 % pour la santé. Il est fort probable que cet écart soit lié au type de soins fournis et au nombre d’heures relativement plus élevé que consacrent les femmes à la prestation de soins. Cet écart est également lié aux rôles qui sont assignés à chacun des sexes. Généralement, les hommes aident dans les tâches telles que l’entretien ménager et la gestion financière, alors que les femmes s’occupent de « fournir des soins personnels directs » qui, vraisemblablement, occasionnent davantage de pressions (Brody, 2004).

Malgré ces conséquences, tant les hommes que les femmes indiquent que s’occuper des aînés renforce les liens entre les générations (61 % des hommes et des femmes qui prodiguent des soins) et leur permet de rendre un peu de ce que la vie leur a donné (60 % des hommes et des femmes). En fait, 20,6 % des hommes et 22,2 % des femmes pensent qu’ils devraient en faire plus. On peut donc en déduire que les aidants ayant un emploi rémunéré acceptent leurs responsabilités, et ce, malgré les conséquences.

 

Prestation de soins et décisions en matière de retraite

L’Enquête sociale générale de 2002 aborde la question des raisons du départ à la retraite auprès de tous les répondants (45 ans et plus). L’une des questions de l’ESG vise à déterminer si la prestation de soins à un membre de la famille est un motif de départ à la retraite. En réponse à cette question, 10 % des personnes de 45 ans et plus indiquent qu’elles ont pris leur retraite pour s’occuper d’un membre de la famille. Il y a deux fois plus de femmes que d’hommes dans ce groupe (14,3 % comparativement à 6,0 %)8. Il y a toutefois lieu d’interpréter ces résultats avec prudence. Il peut s’avérer que les répondants passent ensuite au travail autonome ou à un autre emploi. Les résultats de l’ESG révèlent en outre que 6 % des hommes et des femmes auraient continué de travailler au moment de leur premier départ à la retraite s’ils avaient pu trouver un moyen adéquat d’assurer les soins nécessaires. Il serait donc utile de pousser les recherches sur les conséquences des interruptions de l’emploi ou d’un départ à la retraite anticipé en raison de la prestation de soins à des personnes âgées9.

 

Les conséquences sur la situation financière et les activités sociales sont légèrement plus grandes chez les travailleurs d’âge intermédiaire

Selon l’Enquête sociale générale de 2002, les aidants d’âge intermédiaire (45 à 54 ans) et ceux qui approchent l’âge habituel de la retraite (55 à 64 ans) indiquent que la prestation de soins a eu une incidence sur le plan financier ou personnel. Un pourcentage légèrement plus élevé de travailleurs d’âge intermédiaire signalent avoir dû engager des dépenses supplémentaires liées à la prestation de soins. Les personnes de ce groupe d’âge sont également plus susceptibles d’avoir fait face à une perte de revenu, réduit leurs heures de travail et modifié leur horaire de travail. Elles sont en outre plus susceptibles de modifier leurs activités sociales et leurs projets de vacances et de constater des effets sur leurs habitudes de sommeil et leur santé.

Une étude sur le profil des gains selon l’âge démontre que c’est dans la quarantaine que les hommes touchent leur revenu maximal (Saint-Pierre, 1996)10. Les responsabilités en matière de prestation de soins pourraient donc mettre en péril le revenu et les contributions à l’épargne-retraite des aidants d’âge intermédiaire puisque c’est là la période où leur potentiel de gains est le plus élevé. La mesure dans laquelle la prestation de soins se répercute sur la disponibilité de maind’œuvre ou réduit les gains au cours de la vie est toutefois un sujet qui devrait faire l’objet d’autres travaux de recherche (voir Prestation de soins et décisions en matière de retraite).

Les aidants naturels aiment avoir un répit de temps à autre

Il semble que les aidants qui ont un emploi rémunéré aimeraient particulièrement avoir des périodes de répit. Plus de la moitié des femmes et plus de deux hommes sur cinq indiquent qu’un répit de temps en temps ou le partage des responsabilités les aiderait à s’acquitter de leurs obligations en matière de soins informels (graphique 2)11. De plus, près de la moitié des femmes et plus de trois hommes sur dix aimeraient un horaire de travail plus souple, ce qui fait ressortir l’importance de la souplesse des modalités de travail dans la conciliation des responsabilités professionnelles et personnelles.

L’information est un autre facteur jugé important par les aidants canadiens. Plus de deux hommes sur cinq et d’une femme sur trois mentionnent qu’ils aimeraient avoir de l’information sur la nature des maladies et des incapacités de longue durée de la personne qui reçoit les soins. Un peu plus d’un homme sur trois et plus de deux femmes sur cinq indiquent qu’une compensation financière serait utile. Il est donc possible que le revenu ne suffise pas à couvrir les dépenses supplémentaires que doivent engager certains aidants ayant un travail rémunéré12.

Si certains aidants aimeraient avoir une compensation financière, il semblerait qu’un plus grand nombre d’entre eux préféreraient un répit de temps en temps et des horaires de travail ou d’études plus souples. Il importe également de souligner que, dans toutes les catégories, un plus grand nombre de femmes que d’hommes indiquent avoir besoin d’aide. Il y aurait donc lieu de se pencher sur les différences entre les sexes à l’égard de la prestation de soins. Il sera ainsi plus facile de déterminer quelles sont les meilleures mesures à adopter pour aider les Canadiens à concilier leurs obligations professionnelles et familiales.

 

Graphique 2
Mesures qui faciliteraient la prestation de soins

Mesures qui faciliteraient la prestation de soins

Source : Statistique Canada, Enquête sociale générale de 2002.

 

Répercussions pour les politiques

Les résultats de la recherche indiquent que la prestation de soins crée des contraintes financières et des contraintes de temps pour les aidants qui ont un travail. Les contraintes financières sont plus marquées chez les membres de la génération sandwich que chez les aidants qui n’ont pas d’enfants de moins de 18 ans à la maison, probablement parce qu’ils doivent aussi s’occuper des enfants. Par conséquent, les membres de la génération sandwich sont proportionnellement plus nombreux à souhaiter une compensation financière.

Globalement, les aidants naturels qui ont un emploi estiment qu’un répit de temps à autre, des horaires de travail souples et de l’information sont les mesures qui leur faciliteraient le plus la tâche. On peut donc en déduire que des services de relève assurant un certain répit de la prestation de soins, des modalités de travail flexibles et une information facilement accessible contribueraient beaucoup à aider les personnes qui prodiguent des soins à un membre de la famille ou à un ami âgé alors qu’elles ont également un emploi rémunéré.

L’élaboration de mesures adéquates exige que l’on détermine quels sont les groupes de la population qui risquent de mettre en péril leur revenu ou leur bien-être parce qu’ils fournissent des soins à des personnes âgées. Une étude récente fondée sur l’ESG de 2002 montre lesquels parmi les aidants ayant un emploi rémunéré sont les plus susceptibles d’être à risque (Hidden Costs Invisible Contributions, 2005). Les personnes qui dispensent des soins personnels, s’occupent de plus d’une personne âgée faisant partie de la famille immédiate ou vivent avec la personne qui reçoit les soins sont susceptibles de modifier leur horaire de travail ou de diminuer leurs heures de travail. Les résultats s’appliquent autant aux hommes qu’aux femmes, bien que le risque soit plus grand chez les femmes puisque ces dernières sont plus susceptibles de fournir des soins personnels, un facteur de risque à l’égard de l’horaire de travail. Les changements apportés par les aidants risquent de diminuer leurs gains et, par conséquent, leur revenu actuel et leur revenu à la retraite. Ces effets à court et à long terme nous aident à déterminer quels groupes parmi les aidants ayant un travail rémunéré sont à risque. Il importera également de s’attarder aux aidants (avec ou sans emploi rémunéré) en âge de travailler qui risquent de réduire leur revenu actuel et futur parce qu’ils doivent prodiguer des soins à une personne âgée.

Les données disponibles ne permettent pas à elles seules d’élaborer des mesures exhaustives adéquates pour la population en âge de travailler. Ainsi, les conséquences de la prestation de soins pour cette population ne peuvent être établies au moyen des données actuelles puisque ces dernières ne portent que sur les aidants âgés de 45 ans et plus. Comme les gens attendent plus longtemps qu’avant pour avoir des enfants et vivent plus longtemps, il est fort probable que des personnes de moins de 45 ans se retrouvent devant l’obligation de s’occuper à la fois de personnes âgées et de jeunes enfants. Ces personnes sont également appelées à remplacer les baby-boomers sur le marché du travail, ce qui signifie probablement qu’un plus grand nombre d’entre elles travailleront en même temps qu’elles s’occuperont de leurs enfants et de membres âgés de leur famille. Il faudra donc disposer de renseignements englobant les aidants en âge de travailler en général pour pouvoir élaborer des mesures exhaustives et utiles. Les mesures d’aide signalées par les personnes de 45 ans et plus nous offrent, en attendant, quelques pistes de travail.

 

Les membres de la génération « sandwich » ayant un travail rémunéré

L’expression génération sandwich désigne les personnes qui doivent s’occuper à la fois de personnes âgées et de leurs enfants. Selon l’ESG de 2002, la génération sandwich – définie ici comme les Canadiens de 45 à 64 ans qui fournissent des soins informels à une personne âgée et ont des enfants (de moins de 18 ans) à la maison – représente un peu plus d’un aidant naturel sur quatre ayant un travail rémunéré. Cette génération est constituée d’hommes à plus de 50 %. Si ces chiffres peuvent sembler un peu étonnants à première vue, ils s’expliquent par le fait que les femmes ont tendance à être plus jeunes lorsque les enfants arrivent. Lorsque ces dernières atteignent l’âge de 45 ans, la probabilité que leurs enfants soient déjà de jeunes adultes et aient quitté la maison est plus forte.

On a posé des questions aux répondants pour déterminer les conséquences de la prestation des soins sur l’emploi, la situation financière et les activités sociales.13 Les dépenses supplémentaires constituent la conséquence citée le plus fréquemment par les travailleurs canadiens de la génération sandwich. Près de deux personnes sur cinq dans ce groupe indiquent avoir dû assumer des dépenses supplémentaires en raison de la prestation de soins. Environ 20 % signalent un changement de leur horaire de travail, mais seulement 17 % une diminution du nombre d’heures travaillées et 13 % une diminution du revenu. Même si les dépenses supplémentaires constituent une préoccupation, la majorité des aidants ne voient pas diminuer leur revenu. Cela laisse supposer que certaines familles canadiennes arrivent à trouver des arrangements financiers qui leur évitent de voir baisser leur revenu. Ainsi, les aidants naturels peuvent s’organiser pour que l’un des conjoints continue de travailler de manière à ce que le revenu de la famille ne soit pas trop touché. Cette explication est très plausible puisque plus de 90 % des aidants de la génération sandwich sont mariés ou vivent en union de fait. Des recherches plus poussées sont toutefois nécessaires pour pouvoir établir ce lien.

Sur le sujet des mesures qui pourraient leur faciliter la tâche, légèrement plus de la moitié des travailleurs canadiens de la génération sandwich mentionnent un répit de temps à autre comparativement à un peu moins de la moitié de tous les aidants qui ont un emploi rémunéré (48,6 %). On peut le comprendre, puisque les membres de la génération sandwich doivent arriver à concilier les soins aux enfants et aux personnes âgées avec leurs obligations professionnelles. Près de deux sur cinq indiquent que de l’information sur la prestation de soins et les maladies de longue durée les aiderait à s’acquitter de leurs responsabilités, alors que près de un sur quatre mentionne que des services de counselling seraient utiles. Lorsque l’on regroupe tous les aidants, l’information et les services de counselling sont mentionnés dans des proportions à peu près égales. Proportionnellement, un pourcentage plus élevé des membres de la génération sandwich (46,1 %) disent que des horaires de travail ou d’études souples leur faciliteraient la tâche comparativement à l’ensemble des aidants (40,7 %). De même, un plus grand pourcentage de membres de la génération sandwich mentionnent le besoin d’une compensation financière comparativement à l’ensemble des aidants (37 % par rapport à 35,3 %). Il semblerait donc que le fardeau des Canadiens de la génération sandwich soit un peu plus lourd que celui des autres aidants et que les facteurs temps et finances soient plus importants pour eux.

 

Conclusion

Aujourd’hui, au Canada, les soins aux personnes âgées ayant des problèmes de santé de longue durée ou des limitations d’activité sont plus souvent prodigués par des membres de la famille ou des amis que par des employés rémunérés à cette fin ou des organismes. De plus, la majorité de ces aidants ont également un tra vail rémunéré et environ le quart ont aussi des enfants de moins de 18 ans à la maison, soit la génération sandwich.

Selon l’Enquête sociale générale de 2002, la prestation de soins a des conséquences sur la situation financière, les activités sociales et la santé des aidants naturels qui ont un emploi rémunéré, y compris les membres de la génération sandwich. Il semblerait qu’il en découle des contraintes sur les plans de l’emploi, de la situation financière et des activités sociales pour un bon nombre d’entre eux. Un nombre proportionnellement plus élevé d’aidants signalent des contraintes de temps par opposition à des contraintes financières. En fait, lorsqu’on leur demande ce qui leur faciliterait le plus la tâche, les aidants disent souhaiter avoir un répit de temps à autre. Chez les Canadiens de la génération sandwich, ce sont cependant les facteurs temps et compensation financière qui sont les plus importants.

Les conséquences de la prestation de soins sur l’emploi, la situation financière, la santé et les activités sociales sont plus marquées chez les femmes que chez les hommes. Les conséquences sont également plus grandes chez une proportion légèrement plus forte de travailleurs d’âge intermédiaire comparativement aux travailleurs plus âgés qui approchent l’âge habituel de la retraite. Comme une majorité des aidants naturels ont un emploi rémunéré, la question de la conciliation des responsabilités professionnelles et familiales est un sujet de préoccupation pour un grand nombre. Dans certains cas, les travailleurs doivent diminuer leur nombre d’heures de travail pour pouvoir s’acquitter de leurs responsabilités en prestation de soins, ce qui entraîne des coûts sur les plans social, financier et santé. Malgré cela, les aidants disent que le fait de prodiguer des soins renforce les relations et leur permet de rendre un peu de ce que la vie leur a donné.

Le dossier des aidants constitue à l’heure actuelle une priorité au Canada. Les politiques sociales devront être fondées sur un ensemble adéquat de mesures visant à permettre aux aidants qui ont un emploi de concilier responsabilités professionnelles et familiales. Les données sont limitées puisqu’elles ne portent que sur les aidants de 45 ans et plus. Les mesures jugées utiles par ces derniers nous offrent néanmoins un point de départ pour l’élaboration de politiques. En plus de reconnaître le rôle des aidants dans la famille, la collectivité et la société en général, des mesures pour leur venir en aide leur permettront également de contribuer à l’économie et à la société.

 

Sources des données et définitions

Le cycle 16 de l’Enquête sociale générale de 2002 de Statistique Canada portait plus particulièrement sur le soutien social et le vieillissement. On a recueilli de l’information auprès d’un échantillon de près de 25 000 personnes de 45 ans et plus ne résidant pas dans des établissements et provenant des 10 provinces du pays. Sauf indication contraire, tous les résultats dont il est question dans le document proviennent de cette enquête.

L’enquête portait sur le soutien social apporté aux personnes âgées et la retraite. Elle comportait des questions sur l’aide fournie et reçue, plus particulièrement sur les soins reçus par les aînés, ainsi que des questions liées au passage à la retraite.

Personne recevant des soins : Personnes de 65 ans et plus ayant reçu des soins, professionnels et non professionnels, en raison d’un problème de santé de longue durée ou d’une limitation d’activité au cours des 12 mois précédents.

Aidant : Les Canadiens de 45 ans et plus qui ont prodigué des soins à au moins une personne âgée ayant un problème de santé de longue durée ou une limitation d’activité au cours des 12 mois précédents.

Aidant naturel : Un membre de la famille ou un ami qui prodigue des soins sans rémunération à une personne âgée ayant un problème de santé de longue durée ou une limitation d’activité.

Génération sandwich : Les Canadiens de 45 à 64 ans qui ont des enfants de moins de 18 ans habitant à la maison et qui dispensent des soins à au moins une personne âgée ayant un problème de santé de longue durée ou une limitation d’ activité.

 

Notes

  1. Les opinions exprimées dans ce document sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Ressources humaines et Développement social. Remerciements : Nous aimerions remercier Statistique Canada d’avoir mis les données de l’Enquête sociale générale de 2002 à notre disposition.
  2. En 2003, plus des deux tiers des femmes en âge de travailler avaient un emploi. (Statistique Canada, 2004)
  3. Le besoin de soins croît avec l’âge. Martel et al. (2003), qui ont suivi des cohortes de personnes âgées de 1994 à 2000, ont constaté que sur les personnes de 80 ans et plus qui vivaient de façon autonome en 1994, seulement une sur cinq était toujours autonome en 2000.
  4. Selon l’Enquête sociale générale de 2002, la prestation de soins par des membres de la famille et des amis était la forme de prestation de soins aux aînés la plus commune.
  5. Selon la même enquête, la prestation de soins formels, c’est-à-dire les soins fournis par des employés rémunérés ou des organisations, ne constituait que 26 % des soins aux aînés. Pour plus de détails sur la prestation de soins aux aînés, voir Cranswick (2003); Stobert et Cranswick (2004).
  6. Les soins sont souvent répartis en deux catégories : les activités liées au fonctionnement du ménage (p. ex., les finances, les tâches ménagères, le transport et l’entretien de la cour) et les « soins personnels », qui comprennent une aide pour les activités quotidiennes (p. ex., le bain, l’habillement ou la toilette). (Cranswick, 1997; Conner, 2000)
  7. La proportion d’adultes canadiens qui travaillent un plus grand nombre d’heures (41 heures ou plus par semaine) a augmenté entre 1976 et 2003 (Statistique Canada, 2004a). Si les hommes travaillent un plus grand nombre d’heures en moyenne que les femmes, la proportion de femmes qui travaillent plus d’heures par semaine est passée de 9 % en 1976 à 13 % en 2003.
  8. Ce résultat est corroboré par de récents travaux de recherche, qui révèlent que la prestation de soins retarde le moment du départ à la retraite des hommes, mais n’a pas d’effet systématique sur les femmes, sauf lorsque la personne à qui les soins sont prodigués est le conjoint, ce qui accélère alors la retraite (Kazi, 2005).
  9. Une étude américaine sur les aidants de 45 ans et plus traite des pertes liées à l’emploi, aux gains et à la pension découlant de la prestation de soins (National Alliance of Care Giving, 1999). Selon des travaux menés récemment, il se pourrait en outre que le fait que la famille, particulièrement la femme, doive assumer les responsabilités en matière de prestation de soins puisse se répercuter sur le bien-être économique plus tard dans la vie et éventuellement entraîner la dépendance à l’égard des mesures de soutien gouvernementales (Wakabayashi et Donato, 2005).
  10. L’étude portait principalement sur les hommes puisque ce n’est que récemment que le profil des femmes a commencé à ressembler à celui des hommes.
  11. On commence à adopter des mesures à cet égard. Les prestations de compassion, en vigueur depuis janvier 2004, en sont un exemple. Les travailleurs admissibles peuvent toucher des prestations d’assurance-emploi pendant une période allant jusqu’à six semaines pour s’occuper d’un membre de la famille atteint d’une maladie qui risque de causer son décès dans les six mois à venir (attestation du médecin nécessaire) (RHDCC, 2004). Selon les premiers résultats, le taux d’utilisation serait assez faible, ce qui laisse supposer qu’un ensemble de mesures d’aide équilibré s’impose.
  12. Les dépenses mentionnées par les aidants dont il est question dans la recherche comprennent la nourriture, le transport, les médicaments, l’aide pour le loyer ou les dépenses en soins professionnels à domicile. (National Alliance for Care Giving, 1999)
  13. L’échantillon étant petit, seules les réponses portant sur l’emploi et la situation financière ont pu être signalées.

 

References

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2017-09-29