Article vedette – Les implications du report de la reproduction et de la faible fécondité sur les politiques de planification

Mark Wheeler
Santé Canada

Clarence Lochhead
Centre syndical et patronal du Canada

Sari Tudiver
Santé Canada

Mark Wheeler est directeur adjoint de la Division des politiques à la Direction générale de la politique de la santé de Santé Canada.

Clarence Lochhead est chercheur principal au Centre syndical et patronal du Canada et ancien conseiller à Santé Canada.

Sari Tudiver est analyste principale des politiques au Bureau pour la santé des femmes et l’analyse comparative entre les sexes à Santé Canada1.

 

Introduction

Les Canadiens ont de moins en moins d’enfants et se reproduisent à un âge plus avancé que jamais auparavant. Les tendances en matière de fécondité qui se dessinent au Canada et dans d’autres pays industrialisés sont à l’image des profonds bouleversements qui secouent la société depuis une quarantaine d’années. Le Bulletin de recherche sur les politiques de santé de Santé Canada numéro 10 (mai 2005) intitulé « Les fluctuations du taux de fécondité : Incidences et tendances » duquel cet article est adapté, examine la dynamique complexe qui se trame derrière ces tendances, comme les changements affectant les structures familiales, les rôles dévolus aux sexes et les grandes étapes de vie.

Les études sur le report de la procréation commandées par Santé Canada révèlent que l’écart entre le statut socioéconomique de nouveaux parents plus âgés et leurs homologues plus jeunes s’est élargi. Même si la procréation à un âge plus avancé pose plus de dangers pour la santé de la mère et de l’enfant, le statut socioéconomique constitue un déterminant clé de la santé et doit être pris en compte dans les études sur la fécondité.

On note la nécessité de discuter et de débattre des implications soulevées par ces études et de l’importance de mener d’autres recherches pour arriver à mieux comprendre les facteurs qui sous-tendent les choix de reproduction, à la fois des femmes et des hommes. Sous l’angle des politiques sociales, il y aurait lieu d’orienter les efforts vers la modification des facteurs qui influencent ces tendances pour réduire ou éliminer les désavantages qui y sont associés. En facilitant le débat sur une éventuelle politique démographique au Canada, cet article met en lumière plusieurs options stratégiques qui méritent d’être explorées.

Coup d’œil aux grandes tendances

Taux de fécondité à la baisse

L’indice synthétique de fécondité (ISF) du Canada est en baisse depuis plus d’un siècle. En quarante ans, l’ISF canadien a chuté, passant de 3,94 en 1959 à 1,50 en 2002, en deçà du niveau de fécondité de remplacement de 2,1 (Statistique Canada, 2004).

La chute de la fécondité témoigne d’une tendance mondiale. Au Canada, les taux de fécondité s’inscrivent entre ceux de pays à « faible fécondité » comme l’Irlande et de pays à « très faible fécondité » comme l’Italie, la Grèce et le Japon2.

Les raisons pour lesquelles le Canada et plusieurs autres pays hautement industrialisés se situent sous le seuil de fécondité de remplacement des générations alimentent le débat et intéressent grandement les décideurs, compte tenu des effets économiques et sociaux d’une société vieillissante3. La faiblesse de l’ISF semble à contre-courant des désirs et attentes d’un grand nombre de Canadiens et de Canadiennes, qui manifestent le désir d’avoir deux enfants ou plus (Dupuis, 1998; Beaujot et Muhammad, 2004).

Report de naissance du premier enfant chez les femmes et les hommes

On constate qu’en général, les Canadiennes et les Canadiens tendent à avoir leurs enfants plus tard dans la vie. Entre 1976 et 2002, l’âge moyen des mères qui accouchent du premier enfant est passé de 23,4 ans à 27,7 ans (Beaujot, 2004); la proportion de nouvelles mères âgées de 30 ans et plus est passée de 9 p. 100 à 34 p. 1004. Le taux de fécondité selon l’âge des femmes de 30 à 44 ans a augmenté depuis la fin des années 1970, alors que celui des femmes de moins de 30 ans, y compris les adolescentes, a diminué.

 

Graphique 1
Risques pour la mère et le foetus liés à la grossesse à un âge plus avancé

Risques pour la mère et le foetus liés à la grossesse à un âge plus avancé

 

Graphique 2
Écart entre le revenu moyen et le revenu médian des familles avec deux parents qui travaillent, selon l’âge de la mère à la naissance du premier enfant, Canada, 1971 et 1996*

Écart entre le revenu moyen et le revenu médian des familles avec deux parents qui travaillent, selon l’âge de la mère à la naissance du premier enfant, Canada, 1971 et 1996*

*Ces données s’appliquent aux familles avec deux parents dont ‘enfant aîné est âgé de 0 à 5 ans. On mesure le revenu moyen et le revenu médian des familles où les deux parents travaillent en dollars constants de 1998.

Source : Statistique Canada, Statistiques de l’état civil, Données censitaires de Statistique Canada.

 

La tendance à avoir des enfants plus tard dans la vie est aussi présente, à un moindre degré, chez les hommes.

À titre d’exemple, l’âge médian des nouveaux pères a augmenté, passant de 28,1 années chez les hommes nés entre 1922 et 1940 à 29,6 ans chez les hommes nés entre 1941 et 1960, puis à 31,7 ans chez ceux nés entre 1961 et 1980 (Ravanera et Rajulton, 2004a). Puisque dans le passé, les études sur la reproduction, les politiques et les interventions cliniques visaient surtout les femmes, les effets du report de la paternité sur la santé et sur la société ont attiré peu d’attention (Sipos et coll., 2004).

Autres étapes reportées

Chez les femmes comme chez les hommes, le report de la reproduction est associé à d’autres étapes qui surviennent plus tardivement, y compris l’âge médian plus avancé auquel les gens quittent le foyer parental, commencent à travailler, optent pour la cohabitation ou se marient pour la première fois. Outre les variances relatives au sexe, le « sentier menant à l’âge adulte » varie en fonction des groupes socioéconomiques, des expériences et possibilités éducatives, du travail rémunéré et de la situation financière familiale (Ravanera et Rajulton, 2004a, b).

Nouveaux parents : Écart croissant dans les revenus

On note un lien entre la tendance à reporter la naissance du premier enfant et les risques de santé accrus auxquels s’expose les mères et leurs bébés. Les risques pour la santé physique pour les deux sont décrits à la figure 1 (Senzilet et coll., 2005). En outre, certaines études ont démontré que certains facteurs constituent des sources de stress uniques chez les mères plus âgées, y compris leur perception des risques biophysiques liés à la grossesse et leurs attentes face à la maternité, ce qui peut affecter leur transition harmonieuse vers l’état de parent (Windridge et Berryman, 1999) et confirme que ces femmes tendent à franchir l’étape de femme sans enfant à mère différemment des jeunes femmes qui accouchent d’un premier enfant. Le dépistage précoce pour identifier les mères plus âgées qui ont des attentes élevées face à la maternité, qui sont insatisfaites de leur rôle de parent et qui ne peuvent compter sur des réseaux d’appui social adéquats permettrait d’intervenir efficacement auprès de ces femmes (Reece, 1993).

 

Nouveaux parents : Quelques comparaisons

Niveau de scolarisation – En 1971, le niveau d’éducation de 61 p. 100 des mères et pères n’atteignait pas la 12e année au moment de la naissance de leur premier enfant. En 1996, seulement 21 p. 100 des mères et 23 p. 100 des pères n’avaient pas terminé leur 12e année. On observe aussi des gains au niveau post-secondaire. Entre 1971 et 1996, le pourcentage de mères primipares détentrices d’un diplôme universitaire a augmenté, passant de 4 p. 100 à 18 p. 100; chez les nouveaux pères, il est passé de 11 p. 100 à 20 p. 100.

Activités professionnelles – Compte tenu de la hausse du taux d’emploi chez les mères, la plupart des couples actuels réunissent des conjoints qui travaillent tous deux au moment de la naissance du premier enfant (72 p. 100 en 1996, comparativement à 44 p. 100 en 1971). Plusieurs occupent un emploi à temps plein toute l’année.

Revenu familial – Mesuré en dollars constants de 1998, le revenu familial total moyen des nouveaux parents (après les transferts) a augmenté de 14 400 $ entre 1970 et 1995 (passant de 36 600 $ à 51 000 $).

 

Quoique moins nombreux qu’auparavant, les parents plus jeunes ont un niveau de scolarisation et des taux d’emploi et de revenu nettement inférieurs à ceux des parents ayant reporté la naissance du premier enfant. (Voir l’encadré ci-contre). Cet écart dans les revenus des parents jeunes et moins jeunes au fil du temps est illustré à la figure 2, qui compare le revenu familial total moyen (après les transferts) de parents de divers groupes d’âge par rapport au revenu moyen général (Lochhead, 2005). (Ces données s’appliquent uniquement aux familles bi-parentales).

En 1971, le revenu médian des familles bi-parentales dont l’enfant le plus âgé n’avait pas encore 6 ans s’établissait à 35 905 $ (en dollars constants de 1998), alors que le revenu moyen de familles bi-parentales avec une mère de moins de 25 ans était de 3 800 $ inférieur. Par contre, le revenu moyen des familles où la mère avait 35 ans ou plus atteignait 43 230 $, dépassant d’un peu plus de 7 000 $ le revenu général médian. Somme toute, on peut dire qu’en 1971, les nouveaux parents plus jeunes n’étaient pas aussi financièrement à l’aise que les nouveaux parents plus âgés, comparativement au niveau médian. On constate cependant un écart de plus en plus grand dans les revenus au fil des années (voir figure 2). En 1996, le revenu médian des familles bi-parentales dont l’enfant le plus âgé avait 5 ans ou moins avait augmenté pour atteindre 50 976 $ (en dollars constants de 1998). Cette même année, le revenu familial moyen indexé diminuait pour s’établir à un peu moins de 30 000 $ pour les parents plus jeunes. Par conséquent, le revenu moyen des parents plus jeunes était de 21 000 $ inférieur au salaire médian, comparativement au revenu moyen des parents plus âgés, qui était de 19 000 $ supérieur au salaire médian. Reste à savoir si cet écart croissant dans les revenus constitue un facteur clé en matière de santé et pour la société.

Il faut prendre en compte les données sur l’écart socioéconomique grandissant entre nouveaux parents à la lumière des études qui s’intéressent aux liens entre la santé et les facteurs socioéconomiques. L’un des concepts courants en analyse de santé est celui de « gradient », soit une association positive reconnue entre le statut socioéconomique (SSE) et l’état de santé d’une population. Les études sur les écarts de santé au sein de la société abondent; elles tendent à confirmer que chaque niveau de la hiérarchie sociale jouit d’une meilleure santé que le niveau précédent5. C’est pourquoi la tendance à procréer à un âge plus avancé – dans la mesure où cette situation s’apparente à un revenu, à un niveau de scolarisation et à un taux d’emploi supérieurs – peut s’avérer avantageuse pour les parents comme pour les enfants. Par conséquent, une tendance susceptible d’avoir des effets néfastes sur la santé physique peut aussi entraîner des avantages socioéconomiques qui, à leur tour, favoriseront le sain développement des enfants.

Dans le cadre d’une étude actuelle menée au Centre manitobain sur les politiques de santé (CMPS), les chercheurs utilisent des données longitudinales en vue de déterminer en quoi l’état de santé et le rendement scolaire des enfants varient en fonction de l’âge de la mère à l’accouchement du premier enfant et du fait que la famille était ou non bénéficiaire de l’aide sociale en 2001. Les résultats préliminaires indiquent que le fait de reporter la procréation à l’âge adulte pourrait ne pas suffire à empêcher un faible revenu familial6. Veuillez vous référer l’encadré ci-dessus pour de plus amples informations sur cette recherche importante.

Il serait cependant faux de tenir pour acquis qu’il existe un rapport mécaniste entre le statut économique des familles et le sain développement des enfants. De nombreuses études menées dans le sillon de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) démontrent que le revenu ne constitue qu’un facteur parmi d’autres affectant la santé et le sain développement des enfants. D’autres facteurs, y compris les compétences parentales, ne varient pas nécessairement selon l’âge, le niveau de scolarisation ou le revenu (McCain et Mustard, 1999).

 

Études connexes : État de santé et rendement scolaire des enfants du Manitoba

Les résultats préliminaires indiquent que la grande majorité des bébés nés de familles de Winnipeg où la mère était adolescente à l’accouchement du premier enfant avaient un poids normal à la naissance. Par contre, au cours de sa première année de vie, l’enfant était en moins bonne santé (selon les taux d’hospitalisation) que celui né de mères âgée de 20 à 24 à l’accouchement du premier enfant. En outre, les enfants nés de mères de 20 à 24 ans affichaient un taux d’hospitalisation plus élevé que celui d’enfants nés de mères de 25 ans et plus. Au plan du rendement scolaire, les enfants dont la mère était adolescente au moment d’accoucher du premier enfant avaient moins tendance à réussir à temps les tests normalisés de 3e année et de 12e année que les autres enfants. Ils étaient également plus susceptibles de décrocher de l’école ou d’avoir un retard scolaire d’un an au moins.

En général, les enfants de familles bénéficiant de l’aide sociale en 2001 avaient un poids normal à la naissance mais leur état de santé était moins bon pendant la première année de vie. En outre, le lien entre le statut socioéconomique et le rendement scolaire était fort, les enfants des familles bénéficiaires de l’aide sociale ayant un rendement inférieur à celui des autres enfants, même lorsqu’on comparait leur rendement à celui d’autres enfants, le rendement s’améliorant au fur et à mesure que le statut socioéconomique s’élevait.

En 2001, ce sont les familles où la mère était adolescente au moment d’accoucher du premier enfant qui tendaient le plus à bénéficier de l’aide sociale, même si jusqu’à 20 ans s’étaient écoulés depuis la naissance du premier enfant. En outre, les études indiquent que le fait de reporter la procréation à l’âge adulte pourrait ne pas suffire à empêcher un faible revenu familial – les femmes ayant reporté la procréation jusqu’à l’âge de 20 à 24 ans tendaient plus, elles aussi, à bénéficier de l’aide sociale en 2001 que les femmes ayant reporté la procréation jusqu’à 25 ans ou plus. On ne sait toujours pas si devenir mère à un jeune âge constitue un facteur de risque de faible revenu ou un symptôme de faible revenu. Les chercheurs du CMPS poursuivent leurs recherches en ce sens.

 

Les résultats de l’Enquête sociale générale sur l’emploi du temps de 1998 révèlent que près de la moitié des mères mariées avec des enfants de moins de 5 ans qui travaillent à temps plein se sentent très stressées par leurs contraintes de temps. L’ampleur et les répercussions de ces contraintes sur la santé des parents et des enfants sont encore mal comprises; il se pourrait que la « pauvreté de temps » affecte de façon disproportionnée les mères plus âgées ou plus jeunes. En ce sens, d’autres études à ce sujet sont requises sur l’âge de la procréation, ses effets sur la santé des parents et des enfants, et l’influence possible de ce facteur au niveau des familles et des enfants vulnérables.

Pourquoi s’inquiéter?

Roderic Beaujot explique le lien entre le vieillissement de la population, le report de la reproduction et la faible fécondité (Beaujot, 2005). Au Canada, ces phénomènes pourraient éventuellement poser d’importants défis pour le marché du travail et risquent, s’il n’y a pas de compensation par une hausse de la productivité, d’entraîner un ralentissement de la croissance du produit intérieur brut (PIB) (Fougère, 2005), une détérioration du niveau de vie et un appauvrissement de l’assiette fiscale qui ne suffirait plus à financer les grands programmes sociaux comme le régime de soins de santé universel (Hogan, 2001).

Comme nous l’avons mentionné précédemment, l’un des effets les plus percutants du report de la reproduction sur la population est notamment les disparités croissantes entre la situation économique et le niveau d’éducation des nouveaux parents « jeunes » et « moins jeunes ». Ces écarts économiques pourraient donner lieu à une plus grande stratification de la société canadienne, une situation susceptible d’altérer le gradient de santé.

Que camoufle un tel problème?

Première et seconde transitions démographiques

Le changement économique était au cœur de la première transition démographique. L’indice synthétique de fécondité (ISF) chutait, passant de 6,6 enfants par femme, en 1851, période où le Canada était surtout une société agricole, pour atteindre 4,6 en 1901, période où les gens ont commencé à quitter la campagne vers la ville, en quête d’opportunités économiques. En 1921, suivant la législation sur la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans et l’adoption de lois sur le travail des enfants, l’ISF baissait à 3,5 enfants par femme (Milan, 2000). Il est clair que les enfants n’avaient plus autant de valeur économique aux yeux de l’unité familiale (Beaujot, 2004).

La seconde transition correspond à l’époque où les femmes ont commencé à revendiquer un rôle plus actif dans la société et se sont montrées moins enclines à élever de grosses familles. Deux facteurs ont alimenté cette tendance, soit les possibilités de plus en plus grandes qui s’offraient aux femmes d’accéder aux études supérieures et d’avoir une carrière, et le coût croissant qu’il y avait à élever et éduquer les enfants (Ravanera et Rajulton, 2004).

 

Graphique 3
Liens entre les taux d’emploi (TE) provinciaux* (2001) et les indices synthétique de fécondité (ISF) provinciaux (2002)

Liens entre les taux d’emploi (TE) provinciaux* (2001) et les indices synthétique de fécondité (ISF) provinciaux (2002)

* Le TE fait référence au nombre de travailleurs exprimé en pourcentage de la population de 15 ans et plus.

Source : Statistique Canada, Statistiques de l’état civile (ISF) et Enquête sur la population active (TE).

 

Plusieurs de nos institutions et politiques sociales ne sont pas encore pleinement ajustées aux transitions démographiques; de fait, nous n’avons pas encore vécu une « transition institutionnelle » semblable à l’introduction du système d’éducation public. Une telle transition aiderait à garantir que la répartition des coûts de la formation du capital humain entre les familles et la société prenne en compte nos aspirations et besoins sociétaux et reflète les coûts (et coûts de substitution) liés aux enfants.

Entraves liées aux parcours de vie

L’âge parental à l’arrivée du premier enfant s’explique par le nombre de transitions à franchir au fil de la vie et par le moment où ces transitions surviennent. Entre les deux guerres mondiales, les étapes menant à la vie adulte et au statut de parent – terminer ses études, faire son entrée sur le marché du travail, quitter le foyer paternel, créer une union et fonder une famille étaient comprimées en une période de temps relativement courte. De nos jours, les grandes étapes de vie peuvent être plus nombreuses et les trajectoires – c’est-à-dire quelle étape se présente avant quelle autre – plus variées, compte tenu des exigences éducatives de plus en plus grandes et de la tendance à vivre plusieurs relations avant de créer une union durable. Ces étapes peuvent durer plus longtemps, particulièrement (préférence normative) l’impératif de trouver un bon emploi avant d’établir une solide relation de couple. Chez les femmes, les études supérieures, les aspirations professionnelles et l’incapacité trop fréquente de concilier efficacement le travail et la vie privée entravent la constitution des familles (Tudiver, 2005).

Puisque le marché du travail offre plus de possibilités aux femmes diplômées d’une université, ces dernières ont tendance à avoir moins d’enfants que les femmes moins éduquées (Milligan, 2004). Les coûts de substitution liés au fait d’avoir des enfants sont plus élevés dans le cas des Canadiennes diplômées en couple, car leurs heures et semaines de travail tendent à être plus longues et leur salaire plus élevé que ceux de leurs homologues moins éduquées. Chez les hommes canadiens, une scolarité plus poussée a pour effet de retarder la paternité mais, quand d’autres facteurs ont été pris en compte, il appert qu’un revenu plus élevé favorise la paternité parce que la mise en couple survient plus tôt (Ravanera et Rajulton, 2004a).

La figure 3 confirme l’association entre l’emploi et la fécondité : dans une large mesure, les bébés naissent là où se trouvent les emplois (Tudiver et Senzilet, 2005). Cela n’explique cependant pas pourquoi la fécondité de la Colombie-Britannique est presque aussi basse que celle de Terre-Neuve-et-Labrador, et n’indique pas quelles grandes étapes de vie sont reportées et pour quelles raisons. Mais compte tenu du fait que Terre-Neuve-et-Labrador affiche le niveau d’endettement étudiant le plus élevé au pays et que les dettes hypothécaires sont les plus fortes en Colombie-Britannique (Statistique Canada, 1999), il y a fort à parier qu’à Terre-Neuve, les dettes et la pénurie de bons emplois encouragent les gens à rester plus longtemps chez leurs parents alors que sur la côte ouest, le coût fort élevé des maisons incite à remettre à plus tard la paternité. Même s’il importe de poursuivre les recherches pour faire la lumière sur les entraves aux grandes étapes de vie, il est clair que la situation diffère d’une région à l’autre.

Les frais de logement, la poursuite des études supérieures, le service de la dette étudiante, l’expérience sentimentale qui précède la fondation du couple et la pénurie d’emplois intéressants contribuent tous à expliquer, dans une certaine mesure, pourquoi les gens tardent autant à quitter le domicile parental, clairement une grande étape menant à la vie adulte et à l’autonomie. En 2001, 41,1 p. 100 des Canadiens de 20 à 29 ans vivaient encore chez leurs parents, comparativement à 27,5 p. 100 vingt ans auparavant. En Europe, l’âge moyen auquel les jeunes quittent le domicile familial varie selon les pays, de 20 ans en Suède à la mi-vingtaine en Italie et en Espagne. Il semblerait qu’il soit plus facile de quitter le foyer paternel dans des pays comme la Suède, où les jeunes profitent davantage des transferts sociaux.

 

Étude de cas : la Suède

Au cours des dernières décennies, le taux de fécondité de la Suède a tellement fluctué que les démographes ont comparé ses tendances en matière de procréation à des montagnes russes. L’indice synthétique de fécondité (ISF) a atteint son plus bas niveau (1,6) à la fin des années 1970. En 1985, le pays vivait un « baby-boom » et, en 1990, l’ISF franchissait le seuil de remplacement (2,14 enfants par femme). En 1999, l’ISF descendait pour atteindre 1,52 alors qu’en 2002, il grimpait à nouveau jusqu’à 1,65.

La hausse de l’ISF suédois dans les années 1980 tenait à l’adoption de politiques sociales favorables aux mères travailleuses centrées sur le revenu garanti et sur l’amélioration des conditions d’emploi (y compris des garderies universelles de haute qualité subventionnées par l’État), jumelées à de bonnes conditions économiques assorties d’un faible taux de chômage. Le resserrement de certaines de ces politiques sociales dans les années 1990 allait entraîner une dégringolade de l’ISF, alors que leur rétablissement partiel subséquent donnait lieu à un certain regain.

L’expérience suédoise nous apprend que l’ISF est sensible à la présence ou l’absence de politiques favorables à la famille et aux conjonctures économiques prédominantes.

 

Économie et revenu

En 1971, 44 p. 100 seulement des familles bénéficiait de deux revenus mais en 2000, 62 p. 100 des familles déclaraient deux salaires (Institut Vanier de la famille, 2004). Une étude sur les couples canadiens menée entre 1980 et 2000 (quand l’homme avait entre 25 et 54 ans) a démontré que le revenu annuel moyen des hommes avait augmenté de 2 p. 100, en dollars constants, alors que leur revenu annuel médian avait diminué de 6 p. 100 (Morissette et Johnson, 2004), ce qui porte à croire que la plupart de ces hommes ont subi des pertes de revenu annuel au fil des ans. Les hommes de 35 à 44 ans avec un diplôme universitaire mariés à des femmes diplômées d’une université étaient les grands gagnants, alors que les hommes de toutes catégories ayant, au plus, un diplôme d’études secondaires étaient les grands perdants au plan financier.

La participation accrue des femmes chefs de famille monoparentale à la population active a donné lieu à certains des plus forts pourcentages de gains du revenu familial entre 1989 et 2001 (Sauvé, 2004), quoique ces gains semblent s’être amenuisés l’année suivante (Sauvé, 2005).

Que peut-on faire?

Que peut-on faire en regard des taux de dépendance plus élevés découlant du « baby-boom », du prolongement de l’espérance de vie et d’un indice synthétique de fécondité (ISF) sous le seuil de remplacement? Trois possibilités s’offrent : accepter la forte probabilité d’un niveau de vie inférieur (si la productivité accrue de chaque travailleur n’arrive pas à compenser une main-d’œuvre proportionnellement plus petite); favoriser l’immigration économique en vue de remplacer les travailleurs qui prendront leur retraite au cours de la prochaine décennie; différer la transition vers la retraite adopter des politiques sociales pour renverser le déclin de l’ISF (Bongaarts). La concrétisation de ces scénarios doit faire l’objet d’un débat entourant les mérites d’une « politique démographique canadienne » et mener à un consensus quelconque quant à la taille voulue de la population et les stratégies à prendre pour y parvenir.

Au Québec, l’Allocation pour nouveaunés (en vigueur de 1988 à 1997) semble avoir eu plus d’effet sur la naissance du troisième enfant que sur celle du premier enfant (Duclos et coll., 2001). On ne sait pas au juste dans quelle mesure la baisse de fécondité au Canada est attribuable à l’absence d’une première naissance (c’est-à-dire la décision des femmes de ne pas avoir d’enfants) plutôt qu’à l’absence d’une troisième naissance ou de la naissance d’enfants de rang supérieur. La Suède (voir l’encadré 3) (Grant et coll., 2004) et la France ont aussi découvert que les mesures d’incitation faisaient augmenter le taux de fécondité; il semblerait que l’impact sur la parité ait été semblable au Québec.

Au Canada, alors que les probabilités d’avoir un deuxième et un troisième enfant sont demeurées stable au fil du temps, celle d’en avoir un s’est avéré plus volatile. Dans une large mesure, la documentation tend à ignorer les familles sans enfants. Il importe d’étudier en quoi des facteurs comme l’infertilité et les caractéristiques socio-économiques des couples sans enfants (y compris la mesure dans laquelle les personnes en âge de procréer se retrouvent entre deux relations ou dans des unions instables) peuvent expliquer « l’absence » du premier enfant.

Comment faire?

Les données probantes le confirment, même si l’application d’une mesure unique n’affecte pas la fécondité, l’adoption d’une série de mesures concurrentes peut certes avoir un effet (Caldwell et coll., 2002). Il appert que les politiques sociales et les cultures institutionnelles favorables au capital social ont aussi des incidences positives sur le développement du capital humain. Au moment d’engager un débat sur les mérites d’une politique démographique, il importe d’examiner les options suivantes :

Repenser les objectifs – Il est parfaitement acceptable d’ajuster le soutien du revenu en fonction des besoins économiques; cela dit, les besoins ne sont pas tous d’ordre économique. À titre d’exemple, les programmes de développement de la petite enfance devraient être plus accessibles à la population puisque les enfants aptes à profiter de cette riche expérience dans la petite enfance ne viennent pas tous de familles économiquement défavorisées (McCain et Mustard, 1999). En outre, avant que le programme des allocations familiales du Canada ne devienne un programme de prestations pour enfants tributaire du revenu, il avait une valeur symbolique supérieure à sa valeur économique. Aux yeux des Canadiens, il démontrait en quoi la société canadienne valorise ses enfants et tient à assurer leur bien-être.

Prendre en compte les questions d’égalité entre les générations – En vue d’aider les jeunes à franchir les premières étapes de vie pour devenir des parents, s’ils le désirent, la société canadienne doit trouver de meilleures façons de leur transférer des ressources. Ceci devrait résulter en une période de productivité plus longue, à savoir que la force ouvrière prendra sa retraite plus tard que plus tôt dans la vie. Dans les années 1980, le Canada a démontré qu’il était possible de contrer la prévalence de la pauvreté chez les aînés en optant pour de plus gros transferts intergénérationnels; il devrait être possible de répondre de la même façon aux besoins des jeunes Canadiens.

Faciliter la conciliation entre le travail et la vie privée – La récente entente Canada-Québec visant à dissocier les congés parentaux de l’assurance-emploi pour permettre l’accès des travailleurs autonomes à de tels congés illustre bien les mesures novatrices qu’on peut engager dans le cadre de ces programmes. Mais le secteur public ne doit pas être le seul agent de changement. Au fur et à mesure que la retraite imminente des « baby-boomers » et leur exode de la population active exercent des pressions sur les employeurs et que le recrutement et le maintien en poste des jeunes travailleurs prennent une importance cruciale, il y a fort à parier que les pratiques exemplaires de conciliation vie personnelle-vie professionnelle susciteront de plus en plus d’intérêt. Dans ce contexte, les secteurs public et privé devront être plus sensibles que jamais à ce que Ranson décrit comme « un profond dilemme, à savoir que tout ce qui s’est fait jusqu’ici, aux plans structurel ou politique, pour aider les femmes à mieux concilier le travail rémunéré et les responsabilités familiales, ne fait que confirmer la notion que l’élevage des enfants est le royaume exclusif des femmes » (Ranson, 1998).

Favoriser la traversée des grandes étapes de vie – Dans la mesure où les jeunes de Terre-Neuve-et-Labrador tardent à quitter le domicile parental en raison de leur endettement étudiant et où le report de la paternité en Colombie-Britannique résulte, en partie, du coût élevé du logement, l’objet avoué de faciliter les étapes de vie peut exiger un amalgame de mesures stratégiques différentes, selon les régions. Le remboursement de la dette étudiante en fonction du revenu peut être plus problématique dans certaines régions, même si le développement économique et la création d’emplois réels et durables constitue la condition sine qua non d’une hausse de l’ISF dans les régions canadiennes moins fortunées. Un logement abordable peut avoir bien plus d’importance à Vancouver ou Toronto qu’ailleurs au pays, quoique les moyens à prendre pour réaliser ce but doivent être examinés de près, au risque de faire monter, par inadvertance, le prix du logement.

Conclusion

La tendance documentée par Lochhead peut donner lieu à une société canadienne plus stratifiée, quoiqu’une stratification plus exacerbée n’engendre pas nécessairement un gradient de santé plus abrupt. L’inclusivité et un engagement ferme envers l’équité sont l’étendard de pays où l’espérance de vie et la qualité de vie sont élevées (Marmot, 2004).

Les options susmentionnées figurent parmi toutes celles qui s’offrent, advenant que les Canadiens décident de se doter d’une politique démographique et que cette politique intègre des mesures pour accroître le taux de fécondité. Ces options devraient également favoriser l’émergence d’une société canadienne plus inclusive et davantage prête à investir dans tous les enfants, à répondre aux besoins des jeunes familles en milieu de travail, à valoriser les jeunes et à les aider à franchir avec succès les grandes étapes de vie. En ce sens, le Canada aura la chance d’enrichir à la fois son capital humain et son capital social; il s’agit d’une bonne chose, compte tenu des sentiments de désorientation et d’aliénation qui affligent beaucoup de jeunes à l’heure actuelle (Adams, 2003). Après tout, il s’agit de notre prochaine génération de parents.

 

Notes

  1. Y ont également pris part Linda Senzilet et Joanna Theriault, Division des politiques, et Nancy Hamilton, Direction de la recherche appliquée et de l’analyse, Direction générale de la politique de la santé.
  2. À titre d’exemple, en 2003, l’ISF s’établissait à 1,61 au Canada; à 1,89 en Irlande; à 1,38 au Japon; à 1,35 en Grèce; et à 1,26 en Italie. CIA World Factbook. Indice synthétique de fécondité (enfants nés/femme), 2003. Extrait de <www.geographic.org>.
  3. Caldwell fournit un aperçu des diverses théories démographiques et de leurs répercussions. Voir : Caldwell, J.C. (juin 2004). Demographic theory: A long view? Population and Development Review, 30(2), 297-316. Voir aussi : Bongaarts, J. 2002. The end of the fertility transition in the developed worlds. Population and Development Review, 28(3), 419-443.
  4. Lochhead souligne qu’en 1976, 9 pour cent de toutes les premières naissances survenaient chez des femmes de 30 ans et plus; en 1996, la programmation des premières naissances chez les femmes de 30 ans et plus avait plus que triplé, s’établissant à trois naissances pour chaque dix premières naissances. Cette proportion a continué d’augmenter. Voir : Lochhead, C. (automne 2000). La programmation des enfants : répercussions d’ordre social et sur la santé du report de la naissance d’un premier enfant. ISUMA : Revue canadienne de recherche sur les politiques, 1(2), 41-44. Voir aussi : Payne, J. (2004). The impact of a reduced fertility rate on women’s health. BMC Women’s Health. Extrait de <www.biomedcentral.com/1472-6874/4/S1/S11>.
  5. Pour consulter un exemple décrivant le fonctionnement du gradient, aller à : Wilkinson, R.G. 1996. Unhealthy Societies: The Affliction of Inequality. London, Routledge.
  6. Ces renseignements sont fondés sur un document non publié et sur les conversations tenues avec Marni Brownell au sujet d’études non publiées du CMPS.

 

Signet
Pays-Bas : régime d’épargne individuelle tout au long du parcours de vie

Au début de l’année 2006, le gouvernement des Pays-Bas a instauré un régime d’épargne volontaire tout au long du parcours de vie (levensloopregeling). Il a pour objectif principal de permettre aux travailleurs de mieux équilibrer leurs besoins en matière de temps et de revenus au cours des différentes périodes de leur vie. Bien que ce plan puisse faire partie d’une convention collective, les employés ne sont pas obligés d’y adhérer.

Grâce à ce plan, les travailleurs peuvent épargner une partie de leur salaire brut. Cette somme ne deviendra imposable qu’au moment où ils y puiseront. L’argent contenu dans le compte d’épargne peut servir à prendre différentes formes de congés non payés, par exemple prendre soins d’enfants ou de parents malades, retourner aux études, prendre une année sabbatique ou partir en préretraite. Le travailleur peut épargner au plus 210 % de son dernier salaire annuel brut.

Source : OCDE, 2005.

 

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2017-09-29